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Pourquoi il est urgent de préparer les enfants adoptés au racisme

Pourquoi il est urgent de préparer les enfants adoptés au




Réapproprier sa narration. C’est l’un des thèmes qui sera abordé en novembre durant le mois des Adopté.e.s. Lancé en 2018 par la réalisatrice Amandine Gay, l’évènement vise à donner la parole aux personnes adopté.e.s. Elle-même adoptée par une famille blanche, elle prépare actuellement un documentaire au nom explicite : Une histoire à soi.
Dans quel but avez-vous fondé le mois des Adopté.e.s ?
Amandine Gay – J’ai décidé de créer le mois des Adopté.e.s après avoir découvert en Amérique du Nord l’existence du “National Adoption Awareness Month”. Créé en 1976 aux États-Unis, d’abord en tant que “semaine”, c’est devenu un événement majeur, désormais célébré durant tout le mois de novembre, aux Etats-Unis, au Canada et dans d’autres pays anglo-saxons.

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Nous venons de recevoir ce témoignage d’une adoptante qui a participé à l’atelier #lestressessansstress en 2018. Une preuve de la nécessité de politiser l’adoption transraciale et de développer les compétences des postulant.e.s et adoptant.e.s blanc.he.s :https://t.co/oNfGEzhdmk— Mois des Adopté.e.s (@MoisDAdopte_e_s) November 12, 2019

Ce qui m’a le plus frappée, c’est de constater que cet événement, d’abord initié et porté par des candidats à l’adoption, des parents adoptants ou des agences d’adoption, est devenu à partir des années 2000 un moment privilégié de la prise de parole des personnes adoptées, aujourd’hui adultes. Le sujet de l’adoption en France est rarement abordé en dehors d’actualités sensationnalistes (exemple : l’affaire de l’Arche de Zoé) ou de débats stigmatisants les minorités (exemple : le mariage pour tous et l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe).
Et même lors de la tenue ponctuelle de ces débats biaisés, il est rare d’entendre les personnes adoptées, aujourd’hui adultes. Elles ne sont que rarement invitées à témoigner de leur expérience, et encore moins de leur expertise sur le sujet. Ce n’est pourtant pas le nombre d’adopté.e.s qui manque en France : il y a eu 231 000 adoptions plénières entre 1950 et 2016 en France (un chiffre très conservatoire, qu’on peut au moins doubler), dont 95 824 personnes adoptées à l’international en France, entre 1980 et 2015 (chiffres issus de L’adoption de Jean-François Mignot, éd. La Découverte, paru en 2017).

>> A lire aussi : Amandine Gay, portrait d’une afro-féministe qui ne veut plus se taire

Aujourd’hui, ce sont donc des centaines de milliers de personnes adoptées qui vivent en France, et dont la majorité sont des adolescent.e.s et des adultes. Pourtant, leurs voix ne sont presque jamais entendues. C’est la raison pour laquelle nous avons ouvert le “mois des Adopté.e.s” au Maïf Social Club avec mon premier film, Ouvrir La Voix, qui s’inscrit dans une démarche similaire de réappropriation de la narration par les personnes concernées.
Comment construit-on son identité quand on est une petite fille noire élevée dans une famille de Blancs ?
La construction identitaire dépend en grande partie des compétences raciales et culturelles des parents. J’ai eu des poupons noirs à la maison, et ma mère s’est assurée que je sois accueillie au mieux dans la première école maternelle dans laquelle je suis allée. Et ce, en invitant également le personnel à acheter un poupon noir pour que les autres élèves soient habitués à voir des enfants différents, avant même mon arrivée.
J’ai grandi dans une fratrie d’adopté.e.s, et mon grand frère est Noir lui aussi. Les cultures noires ont toujours été valorisées dans ma famille, et mes parents avaient des amis noirs, avant de nous adopter. J’insiste sur ce point, car de nombreuses personnes blanches n’ont aucune sociabilité avec des personnes noires ou autres avant l’adoption, et sont parfois même empreintes de stéréotypes. Lesquels seront catastrophiques pour le développement et le bien-être de leur enfant. Par exemple, à l’issue d’une présentation du livre La Couleur de l’Adoption [de Manuelle Alix-Surprenant et Renaud Vinet-Houle, éd Alias, 2018] auquel j’ai contribué, une mère adoptante blanche d’un petit garçon noir est venue me voir à la fin pour me dire la chose suivante : “Mon mari a peur qu’à l’adolescence notre fils recherche la compagnie de personnes de sa communauté, et qu’il se mette à avoir de mauvaises fréquentations.”
Cela m’a demandé beaucoup d’efforts pour répondre calmement et poliment à cette dame qu’il était problématique et raciste de considérer que fréquenter des Noir.e.s signifiait avoir de mauvaises fréquentations, surtout si on a un enfant noir… Mais j’avais le bien-être de ce petit garçon en tête : j’ai donc choisi la pédagogie face à ce qui était également une agression pour moi, femme noire. La sociabilité des parents adoptants blancs, l’endroit où ils vivent, et leur volonté de comprendre et accompagner leur enfant – que ce soit dans la célébration de son identité et dans la préparation des discriminations auxquelles il fera face -, est déterminante.
J’ai eu de la chance d’avoir des parents vigilants, et une mère qui avait un ami diacre et guadeloupéen : durant mon enfance, on allait aux messes caribéennes, on a aussi été en Guadeloupe… J’ai également été inscrite dans un club sportif en ville, ce qui m’a permis, en dépit du fait de vivre à la campagne, de n’être jamais coupée des communautés noires. Et de ne pas juste me construire “en creux” face aux agressions racistes, mais plutôt de m’inventer une négritude hybride, empruntant aux cultures afro-américaines, caribéennes et africaines.
Pourquoi la question de l’adoption est-elle très peu abordée dans les médias selon toi ?
L’adoption est un moyen de faire famille, qui a été pensé avant tout comme une méthode d’établissement de filiation, mais qui n’a pas été pensée comme produisant des identités spécifiques – comme me l’a dit en 2018 une psy belge lors des entretiens préparatoires pour mon prochain film, “adopté, c’est pas une identité”. Et pourtant, dès les années 1980, en France, des collectifs de personnes nées sous X (“Les enfants de Cyrano” ; “Les X en colère”) se sont organisés et ont milité à partir de leur posture d’adopté.e.s.
Ces personnes nées en France seront rejointes par les adopté.e.s à l’international dès 1995, avec la création de l’association “Racines Coréennes”, puis de “La Voix des Adoptés”, en 2004, ainsi que plusieurs autres associations du même type. Il a donc fallu un changement démographique (l’arrivée à l’âge adulte d’une masse critique de personnes adoptées) et un changement technologique (le développement d’Internet) pour que les personnes adoptées puissent se retrouver entre elles, sans la médiation d’experts ou de leurs parents.

>> A lire aussi : “Ouvrir la voix” : le documentaire qui donne la parole aux femmes noires”

Il a fallu quelques années supplémentaires pour que se structurent des discours et des revendications pouvant être entendues par la société (et les journalistes), qui a historiquement pensé l’adoption uniquement en termes moraux (l’adoption comme bonne action) ou humanitaires (l’adoption pour sauver des enfants). Or, l’adoption, c’est aussi des enjeux économiques, des questions identitaires, des rapports Nord-Sud inégaux (dans le cas de l’adoption internationale). Les enjeux plus complexes ont été apportés dans le débat public et médiatique par les adopté.e.s adultes.
Si les candidats à l’adoption des années 1950 aux années 1980 ne pouvaient pas bénéficier du retour d’expérience de personnes adoptées, l’arrivée des adopté.e.s adultes dans l’espace public à partir des années 1990 a considérablement modifié les pratiques dans le monde de l’adoption, tout en modifiant le rapport de pouvoir dans la prise de parole publique. Je pense notamment à la multiplication de livres sur l’adoption par des personnes adoptées (Patricia Loison, Carmen Maria Vega, pour citer les plus récents) ou de films réalisés par des adopté.e.s (Couleur de Peau : Miel ; Je vous souhaite d’être follement aimée ; pour citer les plus connus).
Pourquoi l’expression “Brown Babies” pose-t-elle problème ?
Comme l’explique très bien Rosemarie Peña, née en 1956 en Allemagne et à la tête de la “Black German Cultural Society”, il est grand temps de ne plus nommer les personnes de sa génération “les bébés bruns”. Celles et ceux qui souhaitent désormais qu’on les appelle les “Black Germans”, les Allemands noirs, sont donc des personnes métisses, nées de soldats Afro-américains et de femmes allemandes, et généralement adoptés aux Etats-Unis au sein de familles militaires noires, dans la décennie qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Rosemarie a travaillé sans relâche depuis 1994 afin d’établir des ponts entre les Allemands noirs, la diaspora Afro-allemande adoptée aux Etats-Unis, et les diasporas d’adopté.e.s noir.e.s dans le monde. Et c’est aussi lors de notre rencontre en 2015, lors de l’American Adoption Congress, que j’ai pris conscience de l’importance de ne pas se laisser infantiliser et donc d’être déligitimé.e.s dans nos prises de paroles, en acceptant d’être maintenu.e.s dans un statut d’enfants. Je suis une femme de 35 ans et je suis adoptée, je ne suis pas une “enfant adoptée”.
Le 23 novembre au cinéma George Méliès, à Montreuil, aura lieu un événement organisé par le mois des Adopté.e.s. Toutes les infos ici.
Propos recueillis par Fanny Marlier



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Publish date : 2019-11-20 10:07:16

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[Nos années 2010] 2015 : hipsters sur la ville

[Nos années 2010] 2015 : hipsters sur la ville




Le samedi 23 et le dimanche 24 novembre, Les Inrocks revisitent les années 2010 en partenariat avec Lafayette Anticipations. Toute la programmation ici. Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Ils ont des barbes et des casquettes, des vélos à pignon fixe et des tatouages sur les bras. Ils font leurs courses dans des épiceries bio, s’habillent made in France, jettent leur dévolu sur les bières Deck & Donohue brassées à Montreuil, affectionnent les bars à cocktails, les cafés filtre, les food trucks, les albums bien notés par Pitchfork. On les appelle couramment “hipsters”, catégorie à la réalité sociologique floue, mais à la popularité galopante. Ils traînent leurs Stan Smith dans les quartiers gentrifiés des mégalopoles mondiales qui tendent désormais tous à se ressembler.
De l’Est parisien au secteur d’Echo Park à Los Angeles, de Williamsburg à New York, à Kreuzberg à Berlin, les paysages urbains s’homogénéisent à toute vitesse. Les coffee shops, boutiques vintage, disquaires indé, restaurants de burgers, épiceries bio qui y pullulent, répondent aux mêmes critères esthétiques : les devantures sont rectangulaires et peintes en noir ou en blanc, les tables sont en bois, pensées pour accueillir les MacBook, les murs laissent entrevoir quelques briques d’origine, le tout est pseudo-négligé, voire faussement do it yourself.

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“Non seulement, on observe un processus similaire de gentrification dans des villes américaines, françaises, espagnoles, allemandes… mais on constate également une circulation des modes de vie avec la circulation des personnes, des marchandises, des imaginaires et des images. Le hipster est une catégorie circulante qui s’inscrit dans ce processus complexe qu’est la globalisation où chaque ville est en réseau avec d’autres, tout en affirmant sa singularité et sa spécificité”, analyse l’ethnologue Sophie Corbillé, auteur de Paris bourgeoise, Paris bohême – La ruée vers l’Est (PUF, 2013).

Le charme de l’“authentique”

Les hipsters sont la partie émergée de l’iceberg d’un phénomène rugissant: la gentrification. Conceptualisé dans les années 60 par la sociologue britannique Ruth Glass et formé sur le mot “gentry” (la bourgeoisie rurale qui occupait au XIXe siècle une position intermédiaire entre l’aristocratie terrienne et les fermiers et cultivateurs), le terme désigne le processus par lequel de jeunes ménages rachètent et réhabilitent d’anciens bâtiments décrépis dans des quartiers populaires et, donc, dévalorisés.
La géographe Anne Clerval, auteur de Paris sans le peuple – La gentrification de la capitale (La Découverte, 2013), nous précisait, dans une interview en 2013, qu’il s’agit d’“une forme d’embourgeoisement concernant les quartiers populaires, qui se remarque depuis une vingtaine d’années dans le Nord-Est parisien, où les ouvriers ont laissé la place à la petite bourgeoisie intellectuelle – des cadres aux ingénieurs, en passant par les intellectuels précaires”.

Ce sont souvent des artistes fauchés et en mal de grands espaces à loyers modérés qui partent en éclaireurs et déménagent en premier dans les quartiers populaires, où les anciennes usines et manufactures sont peu à peu transformées en lofts, ateliers et lieux de culture. Suit une jeunesse pas forcément friquée, mais charmée par le côté alternatif, cosmopolite et “authentique” de ces secteurs réhabilités.



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Publish date : 2019-11-20 12:21:27

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Le cardinal Barbarin accusé de harcèlement par un ex-séminariste

Le cardinal Barbarin accusé de harcèlement par un ex-séminariste




Mégalomane, solitaire, manipulateur… Le portrait que dresse Frédéric Martel du cardinal Barbarin, basé sur de nombreux témoignages, est loin d’être élogieux. Déjà condamné à six mois de prison avec sursis dans le cadre de l’affaire Preynat pour “non-dénonciation d’agressions sur mineurs” – verdict contre lequel il a fait appel -, le premier évêque de France, homme aux “vies multiples”, est en outre accusé de “harcèlement moral et sexuel” par un ancien séminariste dans une longue enquête publiée par l’Obs ce mercredi 20 novembre.
Désormais marié et chef d’une entreprise de plomberie basée à Lyon, Benoît Quettier a passé onze ans dans les ordres avant de se reconvertir. Interrogé par Frédéric Martel, il dévoile pour la première fois qu’il aurait été harcelé par le cardinal Barbarin, quelques années après être entré en 2006, aux côtés de son frère, dans le séminaire Saint-Irénée, à Lyon.

>> A lire aussi : [Vidéo] Les propos très choquants de l’Abbé de La Morandais sur la pédophilie

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“J’étais hétéro (…) Et c’est pour ça que j’ai été viré”

D’après son témoignage – d’abord publié dans un mémoire de douze pages rédigé et transmis par son avocat à la Commission indépendante sur les Abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) et aujourd’hui révélé par l’Obs – la majorité des prêtres étaient homosexuels. “Au séminaire de Lyon, je vivais entouré d’homos. J’avais fait le choix du célibat et, là, je ne comprenais plus ce qui m’arrivait”, affirme l’homme, aujourd’hui âgé de 44 ans.
Mais il va encore plus loin en déclarant qu’il aurait “été viré” pour cette raison. Selon lui, parce qu’il se revendiquait hétérosexuel et ne rentrait pas dans le jeu ambigu du cardinal, ce dernier aurait mis en place un plan de licenciement à son encontre. Ironie du sort, Barbarin justifiera selon lui son renvoi du séminaire en 2012 “en expliquant qu'[il] étai[t] homosexuel”.

>> A lire aussi : François Ozon : “Pour l’Eglise, la pédophilie est un péché comme un autre”

Une tendance à la manipulation

Benoît Quettier raconte en outre comment, quelques années après être entré au séminaire, le primat des Gaules l’aurait pris sous son aile. Très vite, les rendez-vous entre les deux hommes se seraient multipliés, l’attitude du cardinal le laissant perplexe : “C’était assez étrange”, déclare-t-il avant de continuer : “Il alternait les effets de tendresse et les humiliations. J’étais assez innocent et je ne comprenais pas ce qu’il cherchait, s’il voulait me faire rentrer dans sa cour ou s’il me faisait la cour.”
Petit à petit, il explique comment il aurait perdu le contrôle de la situation : convocations tard le soir au domicile de Barbarin, questions d’ordre sexuel à répétition, interrogatoires sur ses fréquentations… Au point de tomber en dépression. Des rumeurs circulent à son propos, allant de ses “problèmes relationnels” – dixit l’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Batut – à son goût pour l’alcool en passant par son attirance pour les filles. D’après Benoît Quettier, “c’était non seulement du harcèlement moral, mais aussi du harcèlement sexuel”, même s’il dément toute agression sexuelle.
Cet événement vient confirmer la complexité et l’ambiguïté de la personnalité du cardinal décrite aux travers des témoignages récoltés par Frédéric Martel, qui, dans son enquête, évoque sa solitude, son autoritarisme, sa quête de pouvoir mais affirme également qu’il aurait des liens avec l’extrême droite et la Manif pour tous. Le principal intéressé n’a pas souhaité répondre aux réponses de l’Obs.
🔴 INFO OBS. Le cardinal #Barbarin fut l’un des organisateurs secrets de @LaManifPourTous, des dates des manifestations à la stratégie, révèle @FrigideBarjot : “J’ai toutes les preuves” | par @martelf https://t.co/XrxI2nW6vJ— L’Obs (@lobs) November 20, 2019



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Publish date : 2019-11-20 17:32:47

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Dans le tram, un homme agresse sexuellement un policier chargé des agressions sexuelles dans les transports

Dans le tram, un homme agresse sexuellement un policier chargé des




Le karma fait parfois mal les choses. C’est ce que s’est probablement dit le prévenu, jugé mardi 19 novembre au tribunal correctionnel de Bobigny, pour s’être masturbé contre un homme, dans un wagon de tramway de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Car la personne à qui il a fait subir cette agression sexuelle… n’était autre qu’un policier en civil,  justement spécialisé dans les agressions sexuelles dans les transports en commun.

>> A lire aussi : BalanceTonMetro dénonce l’inaction de la RATP lors d’agressions sexuelles dans les transports en commun

C’est ce que raconte le Parisien, qui a assisté à son procès. L’homme de 48 ans, père de famille, s’est en effet fait surprendre en train de se masturber et en train de diriger son sexe en érection vers les fesses du policier en civil. C’est grâce à une vidéo filmée par les collègues de l’agent, que l’individu a pu être interpellé. Celui-ci, qui avait un comportement suspect, avait été repéré par les pairs de la victime, qui avaient donc décidé de le suivre durant plusieurs stations.

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Décrit comme “responsable de ses actes mais frustré” par l’expert psychiatrique présent durant l’audience, l’homme avait déjà été condamné deux fois par le passé pour des faits d’agression sexuelle, comme le relate le Parisien. Pour sa défense, celui-ci a mis en avant sa misère affective et sexuelle, s’estimant “malade”. Il a finalement été condamné à dix ans de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pendant trois ans, en sus d’une obligation de traitement médical. En outre, il sera désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels.
Notons par ailleurs que le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles sont malheureusement monnaie courante dans les transports en commun : par exemple, comme le souligne l’Obs, 100 % des femmes y ont déjà été harcelées.

>> A lire aussi : “Il caressait mon entrejambe” : Des femmes harcelées et agressées dans les transports témoignent



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Publish date : 2019-11-20 15:04:19

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“Greta Thunberg voyage dans le temps” : la théorie qui rend les complotistes fous

“Greta Thunberg voyage dans le temps” : la théorie qui rend




“I want you to panic.” La catch-phrase de Greta Thunberg a de l’effet sur la durée. Depuis quelques jours, la complosphère est dans tous ses états après la découverte d’une photo datant de 1898, sur laquelle la jeune militante écologiste semble apparaître. Comme le relate le New York Post, cette photo a été découverte dans les archives de l’Université de Washington. On y voit trois enfants en plein travail sur une mine d’or, au Canada. Elle daterait de la fin du XIXe siècle. La jeune fille à gauche porte des nattes, et affiche un visage ressemblant vraiment à celui de Greta Thunberg.
GUYS, Greta Thunberg is a time traveler!! pic.twitter.com/80vvBFoFo6— Carry Bari (@Carolalonde26) November 19, 2019

In other news, Greta Thunberg is a time traveller.

(Three children operating rocker at a gold mine on Dominion Creek, Yukon Territory, ca. 1898).https://t.co/dshFRD8hI2 pic.twitter.com/19tkXkLH9e

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— Paul Joseph Watson (@PrisonPlanet) November 19, 2019

>> A lire aussi : L’émouvante photo souvenir de la première action de Greta Thunberg

Depuis qu’elle est devenue la porte-parole internationale du mouvement des jeunes pour le climat, des nuées de détracteurs s’en prennent à elle, dénonçant de prétendus manipulateurs qui se serviraient d’elle comme une marionnette. De manière générale, la puissance de ses interventions, et le fait qu’elle apparaît aux yeux de certains comme une figure quasi prophétique, ou en tout cas iconique, lui confèrent un caractère extraordinaire. Il ne manquait donc plus qu’on lui prête la capacité de voyager dans le temps.
Twitter s’est naturellement saisi de cette photo pour alimenter cette thèse complètement absurde, souvent sur le ton de l’humour (on l’espère).
Greta Thunberg’s a time traveller…https://t.co/dKnoY8GgEN— Tess Summers #FTEU (@tesssummers98) November 18, 2019

She is a time traveller 😆@GretaThunberg
1898 – 2019 pic.twitter.com/FP7N3BgM2y— bobfinn (@bob_mertens_) November 19, 2019

A new conspiracy theory this morning is claiming climate change activist Greta Thunberg is a time traveller, after internet users discovered an image taken 121 years ago featuring a girl bearing a striking resemblance to the Swedish teen. Can you see the similarity? #9Today pic.twitter.com/z60qgbSfie— The Today Show (@TheTodayShow) November 19, 2019

“Greta voyage dans le temps, et elle vient du futur, pour nous sauver”, commente ainsi @JackSamStrange.
So, ‘Greta Thunberg’ is in a photo from 120 years ago, and it’s my new favourite conspiracy. Greta’s a time traveller, from the future, and she’s here to save us. pic.twitter.com/5ObTjPFXvk— Jack – J.S. Strange (@JackSamStrange) November 18, 2019

>> A lire aussi : Haine anti-Greta Thunberg : “Les gardiens du système climaticide ne trouvent plus d’arguments”




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/20/actualite/societe/greta-thunberg-voyage-dans-le-temps-la-theorie-qui-rend-les-complotistes-fous/

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Publish date : 2019-11-20 15:39:11

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[Vidéos] Vifs échanges sur les gilets jaunes à l’Assemblée : Ruffin sanctionné

[Vidéos] Vifs échanges sur les gilets jaunes à l’Assemblée : Ruffin




Mardi 19 novembre, l’habituelle session des Questions au gouvernement à l’Assemblée nationale a été mouvementée… notamment pour François Ruffin. Alors que son collègue de la France insoumise (LFI) Ugo Bernalicis prenait la parole à propos du premier anniversaire des gilets jaunes, la tension est vite montée dans l’hémicycle. Ce dernier a en effet affirmé, comme le raconte le Parisien, que Didier Lallement, le préfet de police de Paris, était surnommé le “préfet qui fait flipper les flics” et qu’il avait “quitté le camp de la République”. Puis, interpellant l’exécutif et en demandant que le préfet soit “démis de ses fonctions” : “C’est à dessein que vous l’avez nommé, car il y a une adéquation entre votre doctrine de maintien de l’ordre et la réputation de ce préfet, entre l’éborgneur et le fou furieux.”
“Je vous interroge sur la réalité du droit de manifester en France”, @Ugobernalicis (FI) dénonce la gestion “calamiteuse” de la manifestation de samedi à Paris et accuse le Gvt de “gouverner par la peur”. #DirectAN #QAG pic.twitter.com/Qf6kqiE3ky— Assemblée nationale (@AssembleeNat) November 19, 2019

>> A lire aussi : “Les yeux n’ont pas une très grande valeur pour le gouvernement”

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Pas de pensées pour les manifestants blessés

Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, n’a pas tardé à réagir… et ses propos selon lesquels “empêcher le libre exercice du droit de manifester” n’était pas au programme – ah bon ? – ont suscité des brouhahas au sein de la chambre basse, lesquels étaient notamment issus des bancs de la France insoumise.
Ce qu’a notamment fait François Ruffin, qui, selon le Parisien, a déploré le fait que le secrétaire d’Etat n’ait pas une pensée pour les manifestants blessés le 16 novembre. Dans la vidéo ci-dessous, si on n’entend pas ce qu’il dit, on peut en tout cas voir l’agacement du député.
Moment de tension lors des #QAG.
> @RichardFerrand à @JLMelenchon : “Asseyez-vous ! Regagnez votre place ! On ne peut pas passer son temps à stigmatiser la violence et donner ce spectacle de violence verbale ! Sachez vous tenir !”#DirectAN #QAG cc @Ugobernalicis pic.twitter.com/4GF4o2ZWYi— LCP (@LCP) November 19, 2019

En conséquence, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, lui a lancé : “On ne peut pas passer son temps à stigmatiser la violence et donner ce spectacle de violence verbale, sachez vous tenir.” Et d’ajouter qu’il allait “noter” François Ruffin au procès-verbal de la séance, le tout accompagné, comme l’a souligné le quotidien, d’une amende de 1600 euros prélevée sur son indemnité parlementaire. Cité par le Parisien, Ugo Bernalicis ne semblait pas décolérer : “Lorsque j’ai parlé, on m’a hurlé dessus. Il y a eu un tel brouhaha que peu de gens ont pu entendre mes propos. Et pourtant, il n’y a eu que François Ruffin qui a été sanctionné. C’est inadmissible.”

>> A lire aussi : [Vidéo] “Pas dans le même camp” : le mépris du préfet de police de Paris envers une Gilet jaune




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Publish date : 2019-11-20 13:10:17

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[Vidéo] “Je prends ça pour de l’injustice” : Séverine, compagne du Gilet jaune blessé samedi, témoigne

[Vidéo] “Je prends ça pour de l’injustice” : Séverine, compagne du




“Dans son malheur il a eu la chance que la cartouche n’explose pas à l’impact, parce que sinon, ce n’était pas un œil qu’il perdait”. Séverine, la compagne de “Manu”, 41 ans, le Gilets jaune blessé samedi 16 novembre à Paris par un tir tendu de grenade, est dévastée. Elle a témoigné au micro de France 2 de sa “révolte”, ce 19 novembre : “J’ai vu la cartouche lui arriver directement dans l’œil. On n’a pas eu le temps de réagir. Et tout de suite après le sang qui gicle. Je suis en colère, je suis révoltée, je prends ça pour de l’injustice. Je ne comprends pas comment, en se levant le matin, en voulant juste montrer notre mécontentement pacifiquement, on perd un œil”.

>> A lire aussi : “Les yeux n’ont pas une très grande valeur pour le gouvernement”

🗨 “Je ne comprends pas comment on perd un œil en allant manifester pacifiquement pour espérer vivre mieux.”

🗣 Le témoignage de Séverine, compagne du #giletjaune blessé samedi à #Paris.#18h pic.twitter.com/ESlqCvAJw4

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— 20h France2 (@20hFrance2) November 19, 2019

“On a visé la foule, là où il n’y avait pas de danger”

Manuel, son compagnon blessé, a lui aussi témoigné au micro de BFMTV le 19 novembre. Il insiste sur le fait qu’il n’y avait pas d’émeute à l’endroit où il se trouvait, et qu’il ne représentait pas une menace : “Je sais pas si on m’a visé, mais on a visé la foule, là où il n’y avait pas de danger”.
💬 “Je sais pas si on m’a visé, mais on a visé la foule, là où il n’y avait pas de danger”

Manuel, le gilet jaune qui a perdu l’usage de son œil après un tir de grenade lacrymogène, témoigne ⤵ pic.twitter.com/zzhhQrvZFd— BFMTV (@BFMTV) November 19, 2019

Son avocat a indiqué vouloir porter plainte pour plusieurs motifs, notamment pour “violences volontaires avec arme et en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation permanente”. Ainsi que pour “violation de liberté individuelle” à l’encontre du préfet de police de Paris, Didier Lallemant, pour avoir autorisé l’usage de lanceur de grenades 56 mm.

Comme nous l’expliquait le chercheur au CNRS Sébastian Roché, “Il est certain que les forces de police ont une interprétation assez distendue de l’ensemble des règles qui leur sont normalement imposées. […] Il y a tellement de violations évidentes des règles du maintien de l’ordre et de l’usage des armes, que la situation est inédite par son ampleur. […] Les yeux n’ont pas une très grande valeur pour le gouvernement. Par comparaison, en Espagne, où quatre personnes ont perdu les yeux, la Catalogne a interdit l’usage de l’équivalent des LBD.”



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Publish date : 2019-11-20 12:22:29

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Hormis le fait qu’elle “n’a jamais mis un serre-tête”, que retenir du nouveau livre de Valérie Pécresse ?

Hormis le fait qu’elle “n’a jamais mis un serre-tête”, que




Un ouvrage à la fois personnel et électoraliste. Voilà l’impression résultant de la lecture du dernier livre de Valérie Pécresse, Et c’est cela qui changea tout (éd. Robert Laffont). Durant de longues pages, l’élue revient sur son enfance, passée entre Malraux et Gary, sa décision, l’été dernier, de quitter Les Républicains ou encore son amertume par rapport à la droite, qui se serait “buissonnisée”, aveuglée par l’ancien conseiller d’extrême droite de Sarkozy, Patrick Buisson. Elle y décrit la “violence” de sa conquête de la région Ile-de-France, “littéralement un match de catch dans la boue” et les attaques qu’elle a essuyées durant sa carrière politique, quand par exemple Le Canard Enchaîné lui prétait des propos antisémites. 
Née à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Valérie Pécresse avoue avoir du mal à se départir de l’image de bourgeoise conservatrice qui lui colle aux basques – ce que ce livre tente, en creux, de combattre. “Je n’ai jamais mis un serre-tête de ma vie et ça fait longtemps que j’ai abandonné les jupes plissées”, répond-elle à la journaliste Marion Van Renterghem, avec qui ce livre a été écrit. Pas sûr que sa position ambiguë vis-à-vis de la Manif pour tous lui permette de se détacher de cette image droitière. Elle explique pourtant dans son livre que ses amis de jeunesse la croyaient de gauche – “Pour eux (…) quand on est ouvert, sensible aux injustices, on est forcément de gauche” – jusqu’à ce qu’elle affiche publiquement son soutien à Jacques Chirac en janvier 1998, au moment de le rejoindre à l’Elysée. Chiraquienne, l’élue l’est jusqu’au bout des ongles. Son livre est d’ailleurs dédié à l’ancien chef de l’Etat, décédé fin septembre.
Outre sa vie en politique, la fondatrice du mouvement Libres ! parle de sa famille, de son goût pour les films de Ladj Ly et de Jacques Audiard, de la peur de la défaite. “Quand on perd, tout s’arrête d’un coup. Vous faites vos cartons (…) votre téléphone ne sonne plus, il n’y a plus de son, plus d’image, plus rien”, lâche-t-elle. Des propos qui prennent tout leur sens à l’approche des élections régionales en 2021, mais aussi de la présidentielle en 2022.

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Un passé pas franchement féministe
La Valérie Pécresse nouvelle génération aborde également en long et en large la question du féminisme. A travers une série d’anecdotes, tout un pan de Et c’est cela qui changea tout est ainsi consacré à son vécu de femme en politique, et à la mysoginie dont elle a été victime. Une posture que la présidente de la région Ile-de-France n’avait jamais endossée publiquement par le passé. “Je n’aurais peut-être jamais fait de politique si, en 1995, je n’avais pas été victime de discrimination”, justifie-t-elle dans son livre. A l’époque, la jeune diplômée de l’ENA, passée par le Conseil d’Etat, avait candidaté pour devenir directrice du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), sa “passion depuis toujours”. Le prestigieux poste lui aurait été refusé en raison de sa grossesse.
A de nombreuses reprises, Valérie Pécresse monte ainsi au créneau contre le sexisme subi tout au long de sa carrière : “Quand un homme politique dit une bêtise (…) il commet une simple bourde, mais quand une femme politique dit une bêtise, c’est une gourde !”  L’élue raconte aussi comment Laurent Ruquier lui avait demandé pendant une émission d’On n’est pas couché (France 2) si elle avait réussi en politique grâce à une promotion canapé. “Une femme [politique] doit être deux fois plus vigilante, deux fois plus compétente. Et une femme de droite… Quatre fois plus”, estime-t-elle aujourd’hui. 

>> A lire : Paris: des arrêts de bus à la demande pour lutter contre le harcèlement

Autre exemple : le sexisme ordinaire de Dominique de Villepin, qui lui aurait dit lors d’un entretien d’embauche : “En politique il n’y a pas de femme normale (…) avec un mari, des enfants. Il n’y a que des névrosées.” Ou encore celui de Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre du budget de François Hollande tombé pour fraude fiscale : “S’il y avait un concours de l’homme politique le plus mysogyne, Cahuzac n’obtiendrait pas qu’un accessit.”
“Un homme autoritaire c’est normal. Une femme autoritaire, c’est une virago”, peut-on lire dans Et C’est cela qui changea tout. Ces lignes viennent nuancer des années d’engagement politique très peu axées sur la défense des droits des femmes. On se rappelle ainsi de sa célèbre phrase “Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage” – ce dont elle s’était expliquée par la suite -, son refus des “ABCD de l’égalité” à l’école, ou bien encore ses propos sur le congé parental pour les hommes. La présidente de l’Ile-de-France aurait-elle été convertie au féminisme dans un contexte post-#MeToo ? Pas totalement, semble-t-il, à la lecture de son livre. Elle écrit en effet plus loin : “Je ressens une gender fatigue (…) quand tout ce qu’on fait est rapporté au genre.”
En librairie aujourd’hui, “ce livre politique pas comme les autres” a dit Demorand @franceinter

-Une femme face aux misogynes
-La dépression et la violence en politique
-Malraux Chirac Sarkozy Fillon Macron Le Pen Hidalgo
-Vu depuis l’Île-de-France, petite France#Pécresse pic.twitter.com/cMAoLdmExl— MarionVan Renterghem (@MarionVanR) November 14, 2019

Et c’est cela qui changea tout, de Valérie Pécresse avec Marion Van Renterghem, éd Robert Laffont, 336p., 20 €



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Publish date : 2019-11-20 10:08:25

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Charge mentale, woke, #MeToo… : le lexique des années 2010

Charge mentale, woke, #MeToo… : le lexique des années 2010




Algorithme (n. m.)

“Oh non, en passant ce morceau de Manu chao, tu m’as flingué mon algorithme YouTube”, entend-on certains se plaindre aujourd’hui. Les algorithmes appartiennent aux sciences mathématiques depuis des siècles (un mathématicien perse du IXe siecle leur aurait donné son nom), mais ils ont pris au cours de la décennie une place sans précédent dans nos vies. De la façon dont ils anticipent nos comportements dépend aujourd’hui une partie de notre vie sociale (suggestion d’amis sur les réseaux sociaux), de notre consommation (publicité ciblée), de nos goûts culturels (suggestions sur les plateformes de streaming) et de notre vie amoureuse (mise en relation ciblée avec certaines personnes sur les applications de rencontres). Pratique par bien des aspects, la mainmise des algorithmes diminue la possibilité du pas de côté. Entre notre empreinte numérique et nous-même, qui façonne l’autre ? B. D.

Antisystème (n., adj.)

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2020 commencera par un come-back : celui du groupe iconique des années 1990 Rage Against The Machine. Sûrement pas un hasard. Après une décennie de révolutions introuvables (Printemps arabes, Indignados, mouvement des places, Occupy Wall Street, Gilets jaunes, octobre chilien), le volcan mondial entre enfin en éruption contre un système qui tourne à vide. Que produira cette nouvelle internationale anti-élites, défiante vis-à-vis du marché et de ses institutions représentatives ? Tout est encore possible. M. D.

ASMR (locution nominale)

Les adeptes des vidéos ASMR (Autonomous sensory meridian response) forment une sorte de secte. Lorsqu’une personne vous chuchote à l’oreille ou vous coupe les cheveux, peut-être avez-vous déjà eu cette sensation de picotement le long de la colonne vertébrale accompagné d’un doux sentiment de plénitude, mélange d’hypnose auditive et visuelle. Ces dix dernières années, ce plaisir du stimulus a accouché de millions de vidéos sur internet. Chuchotement, tapotement d’ongles, bruit de brosse ou son d’un feutre glissant sur du papier, l’orgasme du cerveau est à portée de clic. Il y a quelque chose de fascinant dans la façon dont ce plaisir éminemment prosaïque et quasi-animal a été popularisé par les technologies contemporaines. B. D.

© Charlotte Terrasse

Binge watching (n. m., v.)

L’explosion du nombre de séries dans la décennie a été suivie d’une cohorte de nouvelles expressions (Netflix and chill) et de nouveaux mots (serivores, VOD) dont le binge watching est le fer de lance. Quand on binge-watche une série, on en avale les épisodes dans un mouvement orgiaque, jusqu’à oublier de vivre, s’alimentant devant l’écran comme un marathonien pendant l’effort, se livrant sans vergogne au risque d’une nuit blanche, parce que c’est trop bon, parce qu’attendre une semaine pour voir un cliffhanger se dénouer nous est devenu insupportable, parce qu’on est parfois prêt à mettre en parenthèse sa vie sociale, sexuelle et amoureuse pour se plonger dans une fiction jusqu’à s’y noyer. Le phénomène est à la fois beau, dans le sens où il est le signe d’un désir de récits et d’images déployés dans le temps long, et terrifiant, car il nous renseigne sur nôtre ardent souhait de nous évader de notre existence. B. D.

Bodypositivity (n. f.)

Le mouvement body positive a connu son heure de gloire ces dernières années, à grands coups de posts Instagram où on célèbre les corps pas vraiment dans les normes. Sauf que. Certaines militantes contre la grossophobie considèrent que, désormais, le hashtag a été récupéré et dilué par le marketing, invisibilisant les corps qui dérangent le plus. Elles lui préfèrent donc la fat acceptance (le fait d’accepter les corps gros) ou la body neutrality (prendre le parti de s’en foutre, pour résister à cette nouvelle injonction à aimer son corps). M. K.

Brown-out (n. m.)

Le mot s’est ajouté au burn-out et au bore-out parmi les troubles de la vie professionnelle. En plus de la surcharge de travail et l’ennui au travail, c’est désormais le manque de sens et la perte de motivation qui conduisent à la dépression. Il correspond à l’explosion des emplois du secteur tertiaire, en management, en communication ou en marketing, à ces bullshit jobs peu enrichissants et stimulants. Etre victime du brown-out, c’est ne plus très bien comprendre l’utilité de ce que l’on fait au quotidien, les yeux vissés sur son écran et les mains menottées à son clavier. C’est le mal d’une jeunesse en panne de perspective, dominée par une hiérarchie écrasante et désillusionnée par un marché du travail bouché. Il explique les reconversions croissantes vers des métiers manuels, où le sentiment de maîtriser la fabrication d’un produit du début à la fin est synonyme de sens retrouvé. B. D.

Cancel (adj.)

C’est devenu classique, sur les réseaux sociaux ou dans les salles de classe, notamment aux Etats-Unis : “t’es cancel, mec”, lâche-t-on au détour d’une embrouille sur la possibilité ou non d’écouter Heal the World au lendemain des révélations du documentaire Leaving Neverland sur Michael Jackson. Façon de signifier à son camarade qu’il a dépassé les bornes et qu’il n’est pas woke ; façon aussi de reprendre le contrôle sur une situation jugée “problématique”.  En première ligne, les artistes dont on ne veut plus entendre la parole à la suite d’un scandale. Reste la question de la permanence des œuvres. F. Mo.

Charge mentale (loc. nom.)

Elaboré par la sociologue Monique Haicault en 1984, ce concept, qui décrit la manière dont une personne – comprendre une femme – a l’esprit sans cesse occupé par l’organisation des tâches ménagères, a connu un succès spectaculaire quand la blogueuse Emma l’a mis en scène dans une BD, en mai 2017. Depuis, le terme a été décliné à toutes les sauces (charge sexuelle, charge émotionnelle), et son sens parfois travesti. Voir la pléthore d’articles qui, plutôt que d’interpeller les hommes qui zappent leur part de corvées, enjoignent les femmes de s’en libérer. Encore une tâche à rajouter à leur to-do list ? M. K.

Collapsologie (n. f.)

Conceptualisé en 2015 par le chercheur Pablo Servigne à partir du verbe anglais to collapse (“s’effondrer”), ce courant de pensée prédit la chute de la civilisation industrielle. Sa popularité instantanée témoigne d’un esprit du temps inquiet vis-à-vis de l’avenir, comme l’atteste la prolifération des fictions d’apocalypse et des stages de survivalisme. M. D.

© Charlotte Terrasse

Détox (n. f.)

Plus de tox sans détox. Le “plein de” exige désormais le “sans”. L’outrance, la jouissance, l’insouciance appellent l’hygiène interne, la prise de conscience, la repentance. Et sa mise en scène, comme si cette dernière amplifiait les vertus recherchées. Il faut que le monde assiste à votre détox, participe au grand lavement (de vos pêchés ?) à coups de carottes, de gingembre et de citrons pressés. Espérons que jamais ne naîtra le clubbing détox, peut-être la seconde fin de l’humanité (après les concerts au casque). C. B.

Disruption (n. f.)



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/11/19/actualite/actualite/charge-mentale-woke-metoo-le-lexique-des-annees-2010/

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Publish date : 2019-11-19 10:04:19

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[Vidéo] “Pas dans le même camp” : le mépris du préfet de police de Paris envers une Gilet jaune

[Vidéo] “Pas dans le même camp” : le mépris du préfet




Cette scène a abondamment été relayée et commentée depuis le samedi 16 novembre. On y voit Didier Lallement, préfet de police de Paris (à la casquette très reconnaissable) échanger vivement avec une femme qui se revendique “Gilet jaune”, après la manifestation fêtant un an de mobilisation. Celle-ci lui demandait à l’origine pourquoi la police n’arrivait pas à arrêter les “black blocs”. Dès qu’il remarque qu’elle porte un tote bag fluo, le préfet de police ironise cependant : “Vous avez un joli gilet jaune ! Très très bien !”, et lui tourne le dos avec mépris. Après avoir fait plusieurs pas, et distancé son interlocutrice, il lui lance, toujours en lui tournant le dos : “Eh bien nous ne sommes pas dans le même camp madame !”, comme on le voit dans cette vidéo de Quotidien.
Pour le préfet de police de Paris, gilets jaunes = casseurs.
On s’est procuré la version longue de l’échange entre Didier Lallement et une gilet jaune ⬇️#[email protected] pic.twitter.com/nJQkCvzfQS— Quotidien (@Qofficiel) November 18, 2019

“Obligation de neutralité”

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Alors qu’elle lui dit qu’elle “ne casse pas”, il se retourne enfin pour la contredire, comme si pour lui il y avait un signe d’équivalence entre Gilet jaune et casseur. De nombreux internautes se sont demandé si le préfet de police ne sortait pas de son droit de réserve. D’après Le Parisien, l’article du code de déontologie selon lequel “le policier est tenu à l’obligation de neutralité” ne concerne cependant pas le préfet.



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Publish date : 2019-11-19 10:38:25

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