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Loi asile et immigration : 3 principaux points de crispation

Loi asile et immigration : 3 principaux points de crispation

Loi asile et immigration : 3 principaux points de crispation
Associations d'aide aux migrants, Jacques Toubon le Défenseur des droits, responsables politiques de gauche... Les voix qui s'élèvent pour dénoncer un projet jugé "inhumain" sont nombreuses dans l'opposition. Même certains députés de La République En Marche tentent de modifier un peu cette loi. Il s'agit du projet porté par Gérard Collomb, la loi asile et immigration, débattue depuis lundi 16 avril à l'Assemblée nationale.
D'après Emmanuel Macron, ce projet tend à rendre l'asile en France plus simple pour les demandeurs, selon ses explications fournies lors de l'interview de deux heures dimanche 15 avril sur BFM TV et Médiapart. Mais ce n'est pas l'avis des professionnels du secteur. Le 16 avril, le directeur général de l'association France Terre d'Asile, Pierre Henry, a jugé le projet "inutile". "Ce projet de loi ne pense pas le premier accueil, ne l'organise pas, donc nous allons continuer à avoir un certain désordre, des images de chaos", a-t-il déclaré sur RTL. Plusieurs points dans le projet sont à l'origine des désaccords.
1 - Le durée de la rétention poussée à 90 jours
Le délai de détention dans les centres de rétention administrative de 45 jours à 90 jours, voire 135 si "obstruction", est le premier point de crispation.
"Allonger la durée de la rétention à 90 jours, c’est prendre le risque de renforcer la maltraitance et les difficultés que peuvent rencontrer ces personnes dans le centre de rétention qui vont le percevoir plus comme une punition que comme autre chose", a expliqué sur RFI Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade.
2 - L'accélération des procédures d'examen des demandes d'asile
La procédure d'examen des demandes d'asile passe de 120 à 90 jours pour la durée du délai dans lequel une demande peut être déposée après l'entrée en France.
Le même raisonnement est appliqué pour la formulation d'un recours à la Cour nationale du droit d'asile : plus que 15 jours, au lieu d'un mois.

3 - La circulaire "Collomb"
Enfin la circulaire dite "Collomb", du nom du ministre de l'Intérieur, qui permet de recenser les migrants dans les centres d'accueil.
Cette circulaire est présentée par le gouvernement comme le moyen indispensable de connaître les publics hébergés et de les orienter en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés...), mais elle a suscité un vif émoi parmi les associations et une partie de la gauche, qui dénoncent "un tri" entre les migrants.
Le 17 avril, la CFDT a encore accusé l'exécutif de "cultiver la peur de l'étranger" pour imposer une "politique sans perspective". Il s'agit d'une "dérive dangereuse de la politique migratoire française", qui est "de plus en plus contraire aux valeurs fondamentales de la société française". Le texte est débattu dans hémicycle jusqu'à la fin de la semaine.
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Author : Cécile De Sèze,AFP
Publish date : 2018-04-17 17:33:11
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